
Le 25 avril 2025, le Premier ministre François Bayrou a dévoilé un plan visant à lutter contre les déserts médicaux. Parallèlement, une proposition de loi portée par le député Guillaume Garot suscite une vive opposition au sein de la communauté médicale, entraînant un mouvement de grève national depuis le 28 avril. Cet article fait le point sur ces actualités majeures impactant les professionnels de santé.
Les annonces gouvernementales
Le plan présenté par François Bayrou repose sur plusieurs axes :
- Réforme de la formation médicale : Le gouvernement souhaite diversifier l’origine géographique et sociale des étudiants en santé, notamment en implantant des premières années d’études de santé dans tous les départements et en développant des campus connectés.
- Consultations obligatoires dans les zones sous-dotées : Chaque médecin serait tenu de consacrer deux jours par mois à des consultations dans des zones identifiées comme « zones rouges », caractérisées par une offre médicale insuffisante.
- Cartographie des déserts médicaux : Une identification précise des zones les plus critiques est en cours, avec une finalisation prévue d’ici fin mai.
- Développement des assistants médicaux : Le gouvernement prévoit de renforcer les équipes médicales en multipliant le recrutement d’assistants médicaux. L’objectif est de libérer du temps médical en allégeant les professionnels de santé de certaines tâches administratives et techniques. Un des grands objectifs du plan est la création de 15 000 assistants médicaux d’ici 2028, ce qui permettrait aux médecins de se concentrer davantage sur les soins et la prise en charge des patients. Ce soutien vise à améliorer l’efficacité des cabinets médicaux, en particulier dans les zones sous-dotées.
- Consultations avancées : Le gouvernement introduit l’obligation pour chaque médecin de participer à des consultations avancées dans les zones rouges, jusqu’à deux jours par mois. Cette mesure vise à augmenter l’accès aux soins dans les déserts médicaux, avec une rémunération pour les médecins participants. En outre, un statut de praticien territorial de médecine ambulatoire sera réactivé pour les jeunes médecins, avec un engagement de deux ans dans ces zones, garantissant un revenu et des exonérations fiscales.
Qui est concerné par cette obligation de deux jours par semaine ?
«Chaque médecin généraliste ou spécialiste qui exerce dans un territoire bien pourvu devra consacrer un ou deux jours par mois à des consultations dans les zones qui sont les plus en difficulté», a précisé le Premier ministre François BAYROU
L’obligation de consultations dans les zones rouges jusqu’à deux jours par mois concerne tous les médecins en exercice, sans distinction de spécialité, selon les annonces du gouvernement : les généralistes, les spécialistes, les jeunes médecins et les plus anciens, qui pourront se faire remplacer dans leur cabinet principal.
Il y aura des contreparties financières dont le montant n’a pas été précisé ce vendredi. «À contrario, les médecins qui refuseraient se verront pénalisés», précise une source gouvernementale.
Cette proposition vise à réguler l’installation des médecins en fonction des besoins territoriaux, afin de mieux répartir l’offre de soins. Adoptée en première lecture à l’Assemblée nationale début avril, son examen doit se poursuivre début mai.
Mobilisation des professionnels de santé
En réaction à ces mesures, un mouvement de grève national a été lancé le 28 avril par les médecins libéraux, les internes et les étudiants en médecine. Les principales revendications portent sur
- La défense de l’attractivité de la médecine libérale : Les syndicats craignent que ces mesures découragent les jeunes médecins de s’installer en libéral.
- Le respect de la liberté d’installation : Les professionnels estiment que la régulation imposée par la loi Garot remet en cause ce principe fondamental.
- L’opposition aux consultations obligatoires : La contrainte de consulter deux jours par mois dans les déserts médicaux est perçue comme une atteinte à l’autonomie professionnelle.
Le débat autour de l’accès aux soins et de la répartition des professionnels de santé sur le territoire reste au cœur des préoccupations. Alors que le gouvernement propose des solutions pour pallier les déserts médicaux, la profession médicale exprime ses inquiétudes quant aux implications de ces mesures sur leur pratique et leur autonomie. Un dialogue constructif entre les parties prenantes semble essentiel pour concilier les objectifs de santé publique et les attentes des professionnels.
Sources
https://francais.medscape.com/voirarticle/3612812
https://www.info.gouv.fr/upload/media/content/0001/13/07eaedc6b1d48767a0160babdd68a774d48a56c7.pdf