
Avec l’extension des compétences des sage-femmes en matière de suivi gynécologique, l’échographie s’impose comme un outil indispensable dans la prise en charge des patientes. Cet examen simple, non invasif et immédiatement disponible permet d’affiner le diagnostic clinique et d’améliorer la prise en charge des pathologies courantes. Face à la raréfaction des gynécologues médicaux et à la nécessité d’optimiser l’accès aux soins, l’échographie représente un allié puissant pour les sages-femmes, renforçant leur autonomie et leur rôle dans le parcours de santé des femmes.
Le droit des sages-femmes à l’échographie gynécologique
L’échographie gynécologique est une compétence reconnue des sage-femmes, leur permettant de prolonger leur examen clinique en toute autonomie. L’article R.4127-318 du Code de la Santé Publique (CSP) autorise les sage-femmes à réaliser des échographies gynécologiques, sous réserve d’une formation adaptée garantissant la sécurité et la qualité des soins.
Dans le cadre de la Procréation Médicalement Assistée (PMA), elles peuvent également effectuer des échographies sur prescription d’un médecin, conformément aux décrets n°2012-881 et n°2012-885 du 17 juillet 2012.
Depuis le 10 février 2019, les sages-femmes disposent d’un accès aux cinq cotations CCAM des échographies gynécologiques, en application de l’Avenant 4 à la Convention Nationale des Sages-Femmes publié le 10 août 2018. Ces cotations concernent l’échographie du petit bassin féminin par voie transcutanée ou endocavitaire, avec ou sans Doppler.
L’échographie gynécologique et mammaire : un outil d’évaluation et de dépistage essentiel
L’échographie permet aux sage-femmes de répondre efficacement à de nombreuses situations cliniques en explorant la région pelvienne et mammaire. Elle constitue un examen clé pour identifier précocement certaines pathologies, facilitant ainsi une réorientation médicale rapide en cas de besoin.
L’échographie gynécologique : un examen de première intention pour le diagnostic et l’orientation
L’échographie pelvienne, réalisée par voie abdominale ou endovaginale, permet une exploration fine des structures utérines et ovariennes, jouant ainsi un rôle central dans le suivi gynécologique. Elle permet notamment de :
- Explorer les saignements anormaux (hyperplasie endométriale, polypes, fibromes).
- Évaluer les douleurs pelviennes chroniques (endométriose, adénomyose, infections pelviennes).
- Dépister et surveiller les masses annexielles (kystes ovariens fonctionnels, tumeurs bénignes ou suspectes).
- Suivre les cycles menstruels et l’ovulation dans le cadre de troubles du cycle ou de suivi de fertilité.
Grâce à cette capacité diagnostic rapide, l’échographie permet d’écarter une pathologie inquiétante et de rassurer la patiente immédiatement. En cas d’anomalie nécessitant un avis spécialisé, la sage-femme peut réorienter rapidement vers un gynécologue, garantissant ainsi une prise en charge optimisée et pertinente. Cette approche améliore la fluidité du parcours de soins et permet d’éviter des délais d’attente trop longs pour des examens complémentaires.
L’échographie mammaire : une surveillance accrue des pathologies du sein

Bien que la mammographie reste l’examen de référence pour le dépistage du cancer du sein, l’échographie mammaire a une place essentielle dans la surveillance des patientes :
- Évaluation des douleurs mammaires et masses palpables.
- Suivi des lésions bénignes (kystes, fibroadénomes).
- Complément des examens de dépistage chez les femmes jeunes ou avec une forte densité mammaire.
L’intégration de l’échographie mammaire par les sages-femmes participe à un diagnostic précoce, limitant les retards de prise en charge et facilitant l’orientation vers des consultations spécialisées.
Quelle législation pour les sages-femmes en matière d’échographie ?
Le décret n° 2022-546 du 13 avril 2022 encadre les compétences des sage-femmes en matière d’échographie. Si elles peuvent réaliser des échographies obstétricales depuis plusieurs années, leur accès à l’échographie gynécologique et mammaire est de plus en plus reconnu.
Selon le Référentiel du Conseil National Professionnel de Maïeutique (CNP M), les sages-femmes peuvent pratiquer des échographies gynécologiques et mammaires sous réserve de formations complémentaires adaptées. Cette évolution leur permet d’optimiser la prise en charge des patientes et d’apporter une réponse clinique rapide et efficace en cabinet.
L’échographie constitue aujourd’hui un outil de premier choix pour les sage-femmes, leur permettant d’affiner leurs diagnostics et d’améliorer la prise en charge de leurs patientes. Qu’il s’agisse de pathologies pelviennes ou mammaires, cet examen apporte une réelle plus-value en facilitant le suivi de la santé des femmes.
Alors que les déserts médicaux compliquent l’accès aux consultations spécialisées, l’intégration de l’échographie par les sage-femmes est une réponse pragmatique aux défis actuels de la gynécologie. Son usage en cabinet doit être encouragé et renforcé par des formations adaptées, afin d’assurer une prise en charge efficace et sécurisée pour toutes les patientes.
Se former au suivi gynécologique et à la pratique de l’échographie est donc essentiel pour les sages-femmes souhaitant enrichir leur expertise et optimiser leur prise en charge clinique. Pour cela, des formations spécialisées comme L’échographie pratique du suivi gynécologique de A à Z par la sage-femme au CHEM offrent une approche complète et concrète, permettant d’acquérir les compétences nécessaires pour une utilisation optimale de l’échographie en cabinet.
L’échographie constitue aujourd’hui un outil de premier choix pour les sages-femmes, leur permettant d’affiner leurs diagnostics et d’améliorer la prise en charge de leurs patientes. Qu’il s’agisse de pathologies pelviennes ou mammaires, cet examen apporte une réelle plus-value en facilitant le suivi de la santé des femmes.
Alors que les déserts médicaux compliquent l’accès aux consultations spécialisées, l’intégration de l’échographie par les sages-femmes est une réponse pragmatique aux défis actuels de la gynécologie. Son usage en cabinet doit être encouragé et renforcé par des formations adaptées, afin d’assurer une prise en charge efficace et sécurisée pour toutes les patientes.
Karine Delahaye Muller
Sources
Collège National des Sages-Femmes et droit d’échographie : CNSF – Échographie
Décret n° 2022-546 du 13 avril 2022 relatif aux compétences des sage-femmes
Conseil National de l’Ordre des Médecins, rapport 2023 sur la démographie médicale
Référentiel du CNP Maïeutique, 2022